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Kapari décrypte

Remplacer 217 salariés par l'IA : le coût du déploiement

En septembre 2023, l'entreprise Onclusive a annoncé la suppression de 217 postes en France, remplacés par une intelligence artificielle d'ici juin 2024.

Une restructuration peut être justifiée par la nécessité de se réinventer, mais elle est souvent lue comme une trahison par ceux qu'elle déplace. Le 15 septembre 2023, Onclusive, spécialiste de la veille médiatique, a annoncé la suppression de 217 postes en France, remplacés par une intelligence artificielle avant juin 2024, entraînant la fermeture de trois services. Cette décision, présentée comme une adaptation inévitable à la révolution de l'IA, a rencontré un accueil tendu. La question qui se pose alors n'est plus celle de la légitimité de l'IA, mais celle de l'accompagnement humain face à ce changement radical.
Décision du 15 septembre 2023Publié le

Comment gérer la perception d'une décision de remplacement humain par l'IA, une fois l'annonce faite ?

Maintenant que la décision est publique, il est essentiel de détailler le chemin proposé à chaque personne concernée et de clarifier ce que l'IA ne remplacera pas. Quand on a fait réagir 42 voix simulées à l'annonce d'Onclusive, environ trois sur quatre se sont déclarées contre, le désaccord de principe freinant d'abord la décision.

En un coup d'œil
Plus d'opposées que de favorables, avec un transfuge côté Salariés de Onclusive, dont le frein est un doute d'exécution.
Accueil du panel
Rejet net
Risque que l'annonce dérape
Élevé
Ce qui freine d'abord
Désaccord de principe
Panel simulé de 42 voix
9 favorables1 en doute32 opposées

Le contexte, en clair

Le 15 septembre 2023, l'entreprise Onclusive a été signalée comme annonçant la suppression de 217 postes en France, qui devaient être remplacés par des logiciels d'intelligence artificielle d'ici juin 2024. Ces 217 postes, sur un total de 383, concernaient spécifiquement le site de Courbevoie, avec la fermeture prévue de trois services de production entiers. Le 16 septembre 2023, la direction du groupe justifiait cette décision par l'impératif de se réinventer face à la révolution des intelligences artificielles. Plusieurs reprises de presse françaises ont confirmé qu'Onclusive prévoyait que les tâches concernées seraient désormais réalisées par une IA. Publiquement, l'effectivité complète de cette mise en œuvre n'est pas établie, et sa confirmation par des médias économiques de premier rang n'est pas documentée.

L'IA qui ferme des services et la trahison

Une annonce de réinvention par l'IA est une seule annonce, lue de deux endroits. Pour la direction d'Onclusive, elle répond à une nécessité stratégique face à l'évolution technologique. Pour les salariés, elle signifie la fin d'un parcours, la fermeture de services entiers et la perte de leur emploi. C'est cette seconde lecture qui domine la perception de la décision.

Le panel de voix simulées se range très majoritairement de ce second côté. Environ trois voix sur quatre se déclarent contre la décision d'Onclusive, tandis qu'environ une voix sur cinq y adhère. Le groupe qui pèse le plus lourd dans cette réponse est celui des salariés de Onclusive, environ une voix sur trois du panel, parce que la décision les concerne directement : ce sont leurs postes, leurs services, leur avenir professionnel.

Face à une transformation technologique, la première lecture d'une décision est souvent celle de ses conséquences humaines directes.

Le désaccord de principe sur le chemin

Ce qui freine d'abord la décision d'Onclusive est un désaccord de principe. Les objections ne portent pas tant sur la capacité de l'IA à réaliser les tâches, mais sur la manière de gérer la transition humaine et sur la justification éthique d'un remplacement aussi massif. Le doute porte sur le respect des parcours, sur la valeur du travail humain face à la machine.

La réaction est également forte chez les Élus et acteurs territoriaux, environ une voix sur cinq du panel, et chez les voix de Contrôle et autonomie, environ une voix sur sept du panel. Ces groupes pèsent plus parce que la décision les concerne directement, ou parce que ce type de décision se joue d'abord chez eux. Leurs préoccupations convergent vers la responsabilité sociale de l'entreprise et la préservation de l'emploi local.

Sur ce plan, c'est le Décalage d'Accompagnement qui manque : on peut comprendre la nécessité de l'IA et ne pas croire qu'elle sera déployée avec humanité. L'annonce a eu lieu, mais le chemin n'est pas encore tracé pour tous.

Une opportunité pour ceux qui partent

Même au sein des groupes les plus hostiles, des voix singulières émergent, offrant un aperçu des leviers d'adhésion potentiels. Dans le panel, une voix de jeune diplômé en quête d'opportunité, issue du groupe des salariés de Onclusive, se déclare ainsi favorable à la décision : « Cette fermeture pourrait être l’opportunité de me lancer dans un projet perso avec la prime de départ, à condition que je puisse choisir ma formation. » Cette perspective met en lumière un désir d'autonomie et de reconversion, à condition d'un soutien concret et personnalisé.

Cette voix contraste fortement avec celle d'un salarié loyal depuis 30 ans, du même groupe, qui exprime une profonde amertume : « Trente ans de loyauté, des sacrifices pendant les crises, et aujourd’hui on nous jette comme des vieux mouchoirs, c’est une trahison pure et simple. » La solidité de la réponse est notable : nous avons refait l'exercice trois fois, la même réponse est apparue. Elle tient à peu : si les clients et utilisateurs comptaient deux fois plus que les autres, l'accueil deviendrait « Réticence marquée ».

L'accompagnement des départs est un investissement, pas une dépense à minimiser.

Le Décalage d'Accompagnement, une fois l'annonce faite

Maintenant que la décision d'Onclusive est publique, le premier geste de suivi est de transformer le désaccord de principe en un chemin concret pour chaque salarié concerné. Il s'agit de détailler les options de reconversion, les formations proposées, et les conditions de départ, en laissant une marge de choix. Il faut aussi expliquer clairement ce que l'intelligence artificielle fera et, surtout, ce qu'elle ne fera pas, pour rassurer sur la valeur résiduelle des compétences humaines et le rôle futur des équipes restantes.

La direction d'Onclusive justifiait sa décision par la nécessité de se réinventer. Cette réinvention doit s'étendre au-delà de la technologie pour inclure une réinvention de la relation avec les équipes. Ce qui n'est pas établi publiquement, c'est comment ces 217 départs ont été gérés concrètement depuis l'annonce. La suite se dira dans le temps long de l'intégration de l'IA et de l'accompagnement des parcours.

La technologie avance vite, mais l'humain exige un Décalage d'Accompagnement.

D'où vient ce récit

Ce que vous venez de lire vient d'une répétition, pas d'un reportage. Devant un panel de 42 voix simulées, le banc d'essai Kapari a mis en lumière le rejet net de la décision d'Onclusive de remplacer 217 postes par l'IA, principalement freiné par un désaccord de principe. Il a aussi permis d'entendre une voix de jeune diplômé y voir une opportunité de projet personnel, à condition de pouvoir choisir sa formation. Le même exercice peut être mené sur une décision qui n'est pas encore annoncée, pour en affiner la communication et l'accompagnement.

La simulation complète, sur la même décision
Ouvrez le passage entier, celui-là même dont cet article rend compte : la répartition, la note au décideur, les dissonances, et chaque voix du panel, une par une, y compris celles qui contredisent la conclusion. Rien n'est réservé, aucun compte n'est demandé.
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Risque que l'annonce dérape
Élevé
Ce qui freine d'abord
Désaccord de principe

Les questions qu'on se pose

Comment rassurer les salariés restants après une telle annonce ?

Après l'annonce des suppressions de postes chez Onclusive, il est crucial de définir clairement les nouveaux rôles et les opportunités de développement pour les 166 salariés restants. Il s'agit de montrer comment leurs compétences seront valorisées aux côtés de l'IA et de leur offrir des perspectives d'évolution concrètes, afin de reconstruire la confiance et l'engagement au sein de l'entreprise.

Quel rôle donner à l'IA pour qu'elle soit perçue comme un atout, pas une menace ?

Pour qu'une IA soit perçue comme un atout, comme dans le cas d'Onclusive, il faut la présenter comme un outil augmentant les capacités humaines plutôt que les remplaçant purement. Une voix de Chief Data Officer d'une scale-up dans le panel a d'ailleurs souligné que « l’IA pourrait améliorer la réactivité du service ». Il est important de démontrer concrètement comment l'IA libère du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée, en impliquant les équipes dans son déploiement et son affinage.

Est-ce un sondage ou une prédiction ?

Les voix citées sont des réactions simulées d'un panel de 42 voix, et ne sont ni un sondage ni une prédiction de l'opinion. Les effectifs cités sont ceux de ce panel, jamais une part de l'opinion publique. Les faits rapportés sont issus de sources de presse datées de septembre 2023. Kapari éclaire la décision ; il ne la prend pas.

Comment Kapari calcule et lit ses signaux : la méthode

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